La Equidad - Junior, 1re journée, on y était

texte et photo : Julien Redon

Le Tournoi d'Ouverture a débuté il y a un peu plus d'un mois. Nous étions sur place, à Bogota, pour un match qui n'était pas un choc en soi. Mais le foot colombien, c'est aussi ça.

Le Techo accueillait 3 000 spectateurs ce soir-là du 4 février dernier, qui a vu La Equidad battre Junior 1-0
Le Techo accueillait 3 000 spectateurs ce soir-là du 4 février dernier, qui a vu La Equidad battre Junior 1-0

Le premier week-end de février marquait l’ouverture de la Liga Aguila I, première phase du championnat colombien qui se joue jusqu’au début de l’été. Pour l’occasion, l’affiche a lieu au Campin entre Millonarios et Medellin (1-2). Mais une invitation de dernière minute me fait me rendre à l’Estadio Metropolitano du Techo, "stade du toit" en français.

 

La Equidad, club des assurances du même nom et troisième équipe dans la hiérarchie des clubs bogotanos, reçoit le principal club de Barranquilla, Junior, où a joué le papa Aubameyang (oui, oui, soixante-douze minutes en tout). Après s’être enfilé des pintes toute la journée avec les Britanniques de Bogota devant le 6 Nations, il est temps de se rendre dans le sud de Bogota et de rejoindre le petit stade du Techo. 

 

Le taxi semble assez surpris au moment où je lui indique ma direction : "Vous allez être le seul étranger à mon avis..." Après trois quarts d'heure de bouchons et de discussions sur le Tour de France, les magnifiques paysages de notre hexagone et la future victoire de Nairo Quintana, me voilà enfin aux abords du stade. Surprise, le chauffeur me fait une ristourne. "10 000 pesos (environ 3 euros), ça ira, on a passé un bon moment. Mais la prochaine fois, c’est Millonarios qu’il faut aller voir."

 

Les abords, comme pour tous les matches qui ne concernent pas Santa Fe et Millonarios, les deux grands de Bogota, sont aux couleurs de l’équipe adverse. Tous les fans costeños de la capitale sont présents et le stade sera en grande partie rouge et blanc. D’ailleurs, les vendeurs ne s’y trompent pas, les produits aux alentours sont aux couleurs de Junior.

 

 

"La Ligue 1 est pas terrible..." 

Le Techo est une sorte de mauvais Duvauchelle. Il porte déjà très mal son nom puisque le toit ne couvre que deux tribunes sur quatre, et ces deux tribunes sont étrangement séparées. "Il a été construit à l’arrache, mais le Campin est beaucoup trop grand pour nous", me dit une supportrice. L’entrée est un peu moins anxiogène qu’au Campin, vous n’avez "droit" qu’à un seul contrôle de police, ce qui est assez rare ici. 

 

Dans le stade, je me retrouve du côté des supporters de Fabian Vargas et consorts. N'ont l'air d'être présents que les employés et les jeunes du club. Les pom-pom girls tentent de faire monter l’ambiance... sans grand succès. Ce sont les fans de Junior qui font le plus de bruit ce soir.  

 

Je me retrouve donc à côté d’un des actionnaires de La Equidad, qui vit le match avec assez peu de passion et n'est pas très bavard. Nous parlons un peu recrutement, et à la question de savoir s’il serait possible un jour de recruter un joueur du championnat de France, il est peu emballé. "La Ligue 1 est pas terrible... On n’a jamais été voir du côté de l’Europe pour recruter, c’est compliqué. Et pas que financièrement."

 

C’est le début de saison, les joueurs ne sont pas encore très synchros dans leurs mouvements. Sur le terrain, le match est plutôt animé : Junior, en plein tour préliminaire de la Copa Libertadores, aligne son équipe B et est bien bousculé par une équipe locale joueuse, qui met beaucoup de rythme et qui sera récompensée par un but de Diego Valoyes juste avant la pause. La deuxième mi-temps sera beaucoup plus calme et La Equidad conservera son petit but d’avance jusqu’au coup de sifflet final (1-0).

 

Direction la sortie, qui se fera sans grandes effusions de joie malgré ce succès de prestige. Il est maintenant temps de rejoindre le nord de la ville pour faire la fête. La prochaine fois, on ira au Campin !