Ce chiffre 7, est-il béni ou bien maudit ?

texte : Brice Charrier

photo : AFP

2017, vous l'aviez deviné, ça finit par un 7. Un chiffre porte-bonheur ou porte-malheur pour le football colombien, dans son histoire avec un grand H ? De 57 à 2007, regard plus ou moins lointain dans le rétroviseur et perspectives pour cette année en cours.

Actuellement, en sélection, comme ici lors de la Copa América Centenario, c'est Carlos Bacca qui porte le n°7
Actuellement, en sélection, comme ici lors de la Copa América Centenario, c'est Carlos Bacca qui porte le n°7

Un peu d'histoire et de mise en perspective en ce début (oui, oui encore un peu) 2017. C'est surtout l'occasion, pour fêter l'avènement de Cafooteros, de revenir sur quelques grands moments de l'histoire du foot colombien et d'envisager les records, les séries et les symboles qui pourraient bien tomber lors des prochains mois.

 

Espérons que ce ne soit pas le cas pour le premier d'entre eux, le plus ancien en tous cas. Repartons pour cela soixante ans en arrière, à l'occasion de la Copa América 1957 au Pérou. Le 24 mars précisément pour ce qui reste, à ce jour, la plus lourde défaite de l'histoire de la sélection : un 9-0 contre le Brésil !

 

La compétition se déroulait alors sur une poule unique de sept équipes et les Cafeteros se classeront finalement 5es de ce mini-championnat, avec seulement 2 victoires en 6 matches (contre l'Uruguay et l'Equateur) et une autre "doudoune", 8-2, face au futur vainqueur argentin, dix jours avant la claque brésilienne...

 

Venons-en à des choses plus réjouissantes puisque la Colombie a aussi brillé au niveau continental ! 1987 est marquée par sa 3e place, toujours en Copa América, jouée cette fois en Argentine. C'est d'ailleurs contre le pays hôte qu'elle accède au podium en remportant 2-1 le match des battus des demi-finales. L'échec aux portes de la finale laisse quand même un goût amer, les Colombiens pensant avoir fait le plus dur en ouvrant le score sur penalty dans les prolongations avant de craquer deux fois en deux minutes pour laisser les Chiliens disputer le trophée contre le tenant du titre uruguayen (qui l'emportera à nouveau).

 

Cette 3e place intervient douze ans après la première perf' de la sélection : une finale contre le Pérou, perdue lors du match d'appui, sur terrain neutre, à une époque où on se la collait encore en mode aller-retour.

 

 

Record battu pour de bon pour Falcao ?

Une 3e place certes, mais aussi un titre de meilleur buteur pour Arnoldo Iguarán, avec 4 réalisations. L'attaquant de Millionarios reste d'ailleurs à ce jour, a priori, l'un des deux goleadores de la sélection avec 25 buts en 68 apparitions entre 1979 et 1993. A priori car le doute existe toujours quand à savoir s'il en a mis 24 ou 25. Son nom risque bien en tout cas de disparaître pour de bon des tablettes car Radamel Falcao, lui c'est sûr, en a claqué 25 (pour 66 capes), et il serait bien surprenant que 2017 ne soit pas l'année de la clôture de ce débat, le retour en forme du "Tigre" avec Monaco laissant augurer sa renaissance également sous le maillot jaune.

 

Pour conclure avec l'équipe nationale, rappelons que la Colombie organisera cet été les Jeux Bolivariens à Santa Marta (sorte de petits JO qui se déroulent tous les quatre ans avec la Bolivie, le Pérou, l'Equateur, le Venezuela et le Panama). Les footballeurs y ont décroché quatre fois la médaille d'or dont leur deuxième en 1997, alors...

 

Le "7" est aussi présent dans l'histoire des clubs : 1957, deuxième titre de champion de Medellin ; 1967, autant pour le Deportivo Cali ; 1977 : le premier du Junior ; 1987 : le douzième de Millionarios ; 1997 : 9e pour l'América ; 2007 : 9 et 10 pour l'Atlético Nacional (ouverture et clôture). De tous, c'est d'ailleurs le Nacional qui est le mieux placé aujourd'hui pour rester sous la bénédiction du "7" avec les meilleures chances de remporter le Tournoi d'Ouverture.

 

Sur la scène continentale, c'est encore 1987 (décidément année au goût amer) ! Quelques mois après la troisième marche du podium pour les Cafeteros en Copa América, l'América de Cali s'incline en finale de la Libertadores. Un beau parcours qui, là aussi, se termine mal contre Peñarol. Après un succès 2-0 à domicile, un revers 2-1 en Uruguay... mais pas de prime au goal-average et donc une "belle" à Santiago du Chili. L'América tombe aux prolongations, 1-0. L'América, club maudit : il s'agissait de sa troisième finale de suite en Libertadores pour autant de défaites ! Dur, dur...Et la malédiction se poursuit pour les Diables Rouges qui pleureront encore une fois en 1996 (battus par River Plate).

 

Reste à savoir ce que nous réserve 2017 : et pourquoi pas le Nacional conservant son titre dans cette Copa Libertadores ? Et pourquoi pas une finale d'un autre club à jouer en Sudamericana pour oublier (un peu) le traumatisme Chapecoense ? Et puis surtout un billet composté pour le Mondial en Russie ! De quoi nous emmener au... septième ciel.