10 octobre, jour J, ça rime avec Colombie

texte : Franck Pujos

photo : AFP

 

Après une fin tellement irrationnelle et rageante face au Paraguay, la Colombie a basculé vers sa seconde chance, la seule, de se rattraper, se qualifier, chez un Pérou euphorique.

José Pekerman, l'homme qui a amené la sélection à son premier Mondial depuis seize ans... Mais ce soir, le passé ne compte pas, et on n'envisage pas de (si triste) fin pour l'Argentin. Non, il faut y retourner, Profe
José Pekerman, l'homme qui a amené la sélection à son premier Mondial depuis seize ans... Mais ce soir, le passé ne compte pas, et on n'envisage pas de (si triste) fin pour l'Argentin. Non, il faut y retourner, Profe

On fera court. Pas besoin de tant de mots. Besoin du coeur et des tripes, de la tête et des pieds. Besoin de montrer que la sélection nationale colombienne a une force mentale plus élevée que la moyenne. C'est ça, les grosses équipes, ça n'oublie pas les cruelles conneries de la semaine d'avant, ça en tient compte mais ça passe outre, au-dessus, et ça rebondit. Pérou, Lima, chez un adversaire qui attend une Coupe du Monde depuis 82, ses Cueva, Carrillo ou inusable Guerrero : ce sera tout sauf simple mais la Colombie a son destin en main pour filer en Russie l'été prochain. Après, il sera temps de se demander si Barrios est pas meilleur que Carlos Sanchez, si Uribe est pas meilleur qu'Aguilar, si on n'a définitivement pas mieux qu'Arias à droite. Tout de suite là, on s'en fout de tout ça. On ne veut juste pas revivre 2001, 2005, 2009, ces Eliminatoires où tu finis 6e, où tu restes chez toi, à un point près, à un but près. Non.

 

Doublement non, pour ne pas que ce soit la der de José Pekerman, un Monsieur qui a redonné le sourire à un pays, a mis fin à trop d'années de disette. La discrétion, la classe, le sourire, les mains liées, l'amour de la Colombie, d'une fille qui y est née, les convocations six jours avant, le secret. Parlez-en à Leo Messi, de Pekerman, lui à qui il a dédié son premier Ballon d'or. Causez-en à Faryd Mondragon, et regardez sur Youtube cette entrée en jeu au Mondial 2014, en poule contre le Japon (4-1), faisant de l'ancien Messin le plus vieux joueur ayant joué une Coupe du monde. Regardez l'embrassade, elle parle. Sous contrat jusqu'en 2018, si élimination il y a, "Don José" partira, pour sûr. Il démissionnera, comme auprès de la AFA, quand sorti en quart en 2006 avec son Argentine. Droit. 2018, c'est le projet, celui qui l'a peut-être vu sous-estimer un poil l'attente d'une nation au moment des Copa América 2015 et 2016. La Colombie est sevrée de titre depuis 2001, et jusqu'ici le Profe n'a pas rectifié le truc. Merde, on écrit un peu comme si c'était la fin, le clap, la claque.

 

Hors de question, ce groupe, cette famille va le faire. Ospina va péter le match, James va coordonner niveau et talent, et Falcao ou n'importe qui enlèvera son maillot en courant, dans le silence de Lima. Falcao, ouais, bonne idée. Il mérite d'en jouer une, quand même, le Radamel. Victoire et c'est bon, nul et c'est au pire barrage - sauf si le Paraguay en met 7 au Venezuela... -, défaite et c'est quasi baisé. Le début de la phrase ? Victoire et c'est bon. Victoire et c'est bon. Vamos Q vamos.