La chatte à "Peker" !

texte : Brice Charrier

photo : AFP

Éludons l'ambiguïté de suite : les tirages "faciles", "difficiles", sont d'une relativité abyssale. Et hormis ce quart d'il y a quatre ans qu'on ne dévalorisera certainement pas, la Colombie n'a pas fait grand-chose au niveau international pour pouvoir se la raconter une fois les boules sorties. N'empêche, trois semaines après les noms "Pologne", "Sénégal" et "Japon" écrits sur un petit papier, on vous propose avec un peu de recul quelques enseignements de ce qui s'est passé à Moscou. Entre deux digestions de repas de fêtes, lire, c'est important.

Duvan Zapata a récemment  marqué des points pour faire partie de l'aventure, lors de la fin des Eliminatoires comme lors de la tournée asiatique ; l'attaquant de la Sampdoria s'affirme comme une réelle option aux côtés de Falcao
Duvan Zapata a récemment marqué des points pour faire partie de l'aventure, lors de la fin des Eliminatoires comme lors de la tournée asiatique ; l'attaquant de la Sampdoria s'affirme comme une réelle option aux côtés de Falcao

"Alors ? Bon ou mauvais tirage ?" Oui, la question est rituelle dès que les boules sont sorties et les adversaires connus, quelle que soit la compétition (et le sport d'ailleurs). A cela s'ajoute la réponse, elle aussi assez automatique, bien souvent venue de la bouche d'experts : "Ah, ça ! Le bon tirage, c'est celui qui gagne, donc on ne le saura qu'après..."

Bref, nous voilà bien plus avancés mais tâchons quand même de sortir des sentiers battus pour se projeter sur le Mondial des Cafeteros. Si "la chatte à DD" est devenue un label, celle "à Peker" pourrait bien aussi le recevoir. Le groupe H se révèle, en effet, loin d'être insurmontable, à l'image du C en 2014, d'où les Colombiens étaient sortis premiers avec trois succès contre la Grèce, la Côte d'Ivoire et le Japon.

La différence, c'est que cette fois-ci, ils ne sont pas tête de série mais, en héritant de la plus abordable du lot (la Pologne), on ne s'en rend pas vraiment compte. Avouez que c'est plus sympa que l'Allemagne, la Belgique ou même la Russie à domicile. Après, on retrouve le Japon (un bon souvenir que ce 4-1 au Brésil), puis on remplace la Côte d'Ivoire par le Sénégal, et le tour est joué... Ça ne vous rappelle rien ?


Se montrer ambitieux
De là à envisager la première place du groupe, il n'y a qu'un pas qu'il faut franchir et se montrer ambitieux ; et puis le classement Fifa des quatre équipes ainsi que l'historique des confrontations prêtent aussi à l'optimisme.

Attention quand même : tout ne sera pas simple pour autant. Les Polonais seront de coriaces adversaires, solides et avec un Lewandowski toujours aussi fine gâchette. Les Sénégalais auront également des arguments (offensifs essentiellement) et pourraient surprendre comme lors de leur dernier et seul passage en Coupe du Monde, en... 2002. Enfin contre les Japonais, ce sera le premier match, pas toujours le plus simple à aborder.

Si l'on regarde plus loin - et on peut -, c'est après que ce va se compliquer et dès les huitièmes puisque l'adversaire devrait être la Belgique ou l'Angleterre (voire la Tunisie mais c'est grosse cote ; le Panama de "Bolillo" Gomez, sérieux ?). Et ensuite, ensuite, ce serait présager du tableau final dans son ensemble et alors là, ce serait oublier que "tout est possible dans le football"...