"J'ai seulement entendu dire que j'étais suivi"

recueilli par Franck Pujos

photo : AFP

 

"Jeune et ambitieux"... Elles lui vont bien, à Stiven Mendoza (25 ans), ces paroles du 113 dans "Les Princes de la ville". International U20 colombien en 2011, arrivé au mercato d'hiver à Amiens après avoir déjà connu quatre championnats, dont l'indien, dont il fut meilleur joueur et meilleur buteur en 2015, l'ailier dribbleur sait ce qu'il veut : toucher à la sélection, la grande, los mayores. Pour 2018, ça risque d'être court. Mais réussir en L1 avec le promu picard ne pourra que l'aider, pour ce qui est tant un rêve qu'un objectif concret.

Mendoza et les Amiénois se déplacent à Dijon, ce soir (20 heures), pour le compte de la 29e journée de championnat
Mendoza et les Amiénois se déplacent à Dijon, ce soir (20 heures), pour le compte de la 29e journée de championnat

Si l'on revient trois-quatre journées en arrière, qu'as-tu ressenti comme sensations en inscrivant à Bordeaux (3-2) ton premier but en Ligue 1 ?

J'ai vécu ça comme dans un rêve. Je suis venu en France, en Europe, et c'est un football très différent de ce que j'ai pu connaître. Bon, le vrai rêve, ce serait d'être appelé en sélection. Et en marquant ce but, je me suis rendu compte que j'étais sur la bonne voie. Je dois continuer comme ça, avec l'aide de Dieu, être concentré sur mon objectif d'être convoqué, me battre pour ça.

 

Sur ce match, tu étais aligné en pointe...

C'était nouveau, je joue plus sur les côtés. Le coach (Christophe Pélissier) a voulu tester un nouveau système, avec un nouveau positionnement pour moi, et c'est comme tout, c'est une question d'adaptation.

 

Mais toi tu te considères comme un pur ailier ?

Clairement. Ce sont mes caractéristiques, toute ma vie j'ai joué sur les ailes.

 

Un pur ailier mais qui, dans sa panoplie, aime marquer des buts...

Oui ! Comme tout le monde, j'aime apporter, que ce soit par des passes décisives ou des buts. Et le temps et l'expérience m'aident en ce sens.

 

À Amiens, en créateurs, il y a (Harrison) Manzala, (Gaël) Kakuta, (Serge) Gakpé, il y a beaucoup de talent, non ?

Oui, devant il y a aussi Moussa (Konaté), c'est vrai que ce sont de très bons joueurs. Petit à petit, j'apprends à les connaître, à combiner avec eux. Le maintien ? Je suis optimiste. On travaille tous et je suis quelqu'un qui croit beaucoup à la valeur travail. En bossant, ça doit passer. 

 

Tu parles d'adaptation, mais en te voyant sur le terrain on a rapidement eu l'impression que ça s'était fait tout seul...

(rires) Le style de jeu me convient, ça se fait donc naturellement. Et encore une fois, je travaille dur pour que ça se passe de la meilleure des manières possibles. Je me sens bien, très heureux. Les gens sont avec moi comme si j'étais là depuis toujours, ça me motive beaucoup. Match après match, la confiance que me donne le coach est très importante pour moi. De sa part, mais aussi du staff et de mes coéquipiers. 

 

Restons sur Amiens : tout au long de ta jeune carrière, tu as vécu dans des villes gigantesques comme Cali, Chennai, São Paulo, Salvador, New York... Ça fait quoi d'arriver en Picardie ?

Normal, rien de spécial ! Sauf que c'est très petit et que donc c'est un peu plus "limité", en termes de magasins alimentaires par exemple. Ça fait partie du processus, je me plais, je suis tranquille.

 

Si l'on parle de tes objectifs personnels, la sélection te vient directement en tête ?

C'est sûr. Et je cherche à faire en sorte que ça devienne réalité. En faisant les choses bien, pas à pas. Si je suis appelé, je serai content, voilà. Et je serai prêt, car je ne veux pas me contenter du fait d'être convoqué. Des contacts ? Non, je n'en ai eu ni avec le Profesor (Pekerman), ni avec son staff. J'ai seulement entendu dire que j'étais suivi.

 

Sur le côté, ces derniers temps, José Pekerman a essayé beaucoup de joueurs comme Avilés Hurtado, Felipe Pardo, Fabian Castillo, Orlando Berrio, Jonathan Copete, etc. ; tu te dis qu'il y a la place pour toi aussi, pour un essai ?

Oui. J'y crois, j'espère.

 

On ne te le souhaite pas mais dans le cas où tu ne serais pas convoqué pour le France - Colombie du 23 mars, tu penses aller voir le match ?

Bien sûr. Je suis un Colombien de plus, qui appuie sa sélection, que ce soit sur le terrain ou en dehors ! J'ai des amis qui y jouent, en plus. J'espère être appelé, mais si je ne le suis pas, j'irai en spectateur.

 

C'est une rencontre importante pour la sélection, à moins de trois mois du Mondial ?

La France est un adversaire fort, dont on peut supposer qu'elle fera une bonne Coupe du Monde. Comme la Colombie, en fait. C'est peut-être un match amical mais oui, c'est super important. Le Mondial se rapproche et plus ça se rapproche, plus c'est important.