Garder espoir en devient désespérant...

texte : Franck Pujos

photo : AFP

Il reste 180 minutes aux U20 colombiens pour arracher leur pass, celui de la Coupe du monde au printemps en Pologne. Jusqu'ici, dans le Sudamericano, leurs matches se suivent et se ressemblent plus ou moins : ils ne marquent pas. Deux buts inscrits en sept rencontres, que voulez-vous... Si les (jeunes) hommes d'Arturo Reyes n'ont plus leur destin entre les pieds et les mains, ils peuvent malgré tout, donc, toujours se qualifier. Y croire, y croire, ça commence à être lassant depuis trois semaines. Mais que ça à faire. Dès la nuit prochaine.

Formé comme tant d'autres à Envigado et futur joueur de Palmeiras, le créateur Ivan Angulo (à g.) est l'une des rares satisfactions, si l'on s'autorise le terme, de cette Seleccion Colombia version moins de 20 ans, clairement dans le dur
Formé comme tant d'autres à Envigado et futur joueur de Palmeiras, le créateur Ivan Angulo (à g.) est l'une des rares satisfactions, si l'on s'autorise le terme, de cette Seleccion Colombia version moins de 20 ans, clairement dans le dur

Deux finales, deux matches à gagner. Et encore, même pas certain que ça suffise. La Seleccion Colombia sub-20, autrement dit les garçons d'Arturo Reyes nés à partir du 1er janvier 1999, ne contrôlent plus grand-chose dans ce Sudamericano dont on sait d'ores et déjà qu'ils n'en seront pas le champion. Championne dudit tournoi, la Colombie l'a été avec le regretté Miguel Calero en 1987, avec un Rodallega on fire en 2005, avec l'artiste Quintero en 2013. Pour 2019, on oublie. Mais il reste un objectif, clair et net, qui consistait au passage en l'ambition de départ : se qualifier pour la Coupe du monde, qui se tiendra en Pologne en mai et juin prochains.

 

Euh comment dire, poliment ? C'est pas gagné. Miraculés du premier tour grâce à un but à la 96e du capitaine Cuesta, les Cafeteros ne comptent qu'un point en trois rencontres d'hexagonal final (qui réunit curieusement les six mêmes nations que lors de la précédente édition, en 2017). Pour espérer voir Varsovie, ils doivent d'abord impérativement battre le voisin vénézuélien cette nuit à 2h10 heure française. Ensuite, il restera un ultime (gros) effort à fournir contre l'Uruguay, actuel leader. Sachant que si mathématiquement ils peuvent passer avec quatre points, rien ne garantit qu'ils passent avec sept. On ne va pas rentrer dans des calculs où, pour y entendre quelque chose, au mieux il faut sortir de Maths sup-Maths spé, au pire y passer une heure, mais en bref une victoire de l'Argentine sur la Céleste ce soir en ouverture de la cinquième journée et les U20 colombiens récupéreraient leur destin en main, quitte à ce que le banco dépende de la case goal-average. 

 

 

Le doute

Oui mais. Il y a un "mais" et il prend de la place. Pour gagner une partie de foot, attention le scoop, marquer un but demeure indispensable. On ne dit pas "des buts", non, ne serait-ce qu'un ce serait super. C'est que ces moins de 20 n'en ont marqué que deux depuis le début de la compétition en... sept matches. Deux en sept matches ! De quoi se faire défoncer par les mots au pays, et croyez bien que personne ne se prive. Les quatre attaquants n'en ont d'ailleurs pas planté un seul, malheureux et maladroits. Sans se défouler sur le coach Reyes, interrogeons-nous tout de même sur ce choix de convoquer ces deux paires de twin towers, grands, costauds, mais au déchet criant... hurlant même. Mystère.

 

Plutôt intéressants dans le jeu au premier tour, tout du moins au démarrage, les sub-20 ont laissé le doute prendre le dessus et la créativité s'étioler au fur et à mesure. Pourtant avec Ivan Angulo, formé comme beaucoup à Envigado et qui vient de signer à Palmeiras, et Yeison Tolosa, irrégulier mais doué, en provenance de la cantera caleña, la matière est là. Dans les cages, Kevin Mier, tout juste majeur, rend une copie satisfaisante, à l'image du déjà expérimenté Carlos Cuesta en défense centrale ou de Jaime Alvarado, relayeur de Watford prêté à Hercules en D2 espagnole. 

 

Manque-t-il un simple petit déclic ou le problème est-il vraiment, vraiment profond ? Billets polonais en poche ou pas, le terrain décidera. Si l'issue est connue sur les coups de 4 h 15 ce soir, alors ce sera fichu ; si la Seleccion Colombia, qui a évolué du 4-4-2 au 4-2-3-1 puis au 4-3-3, paraphe la première page du contrat, alors rendez-vous dimanche pour valider le truc. Parions qu'elle en est capable, maintenant, tout de suite. Ensuite il sera trop tard.