Victor Cantillo : "Non, non, je ne regrette pas de ne pas être parti, je suis bien ici à Junior"

recueilli par Franck Pujos

photo : EPA

On ne va pas chipoter : Victor Cantillo est sans conteste le meilleur milieu de terrain évoluant en Colombie intra-muros. Sa singulière précision balle au pied, sa faculté à se mettre face au jeu, sa clairvoyance, auxquelles on ajoutera une certaine élégance un peu voûtée, ont d'ailleurs permis au cerveau de Junior (25 ans) de faire partie de la liste des 40 préconvoqués par Carlos Queiroz pour la Copa América. Pas encore international et même si ça ne saurait tarder, il n'est pas dit qu'"El Flaco" (y'avait pas de copyright sur Javier Pastore) soit de l'aventure brésilienne. Chez les relayeurs, Mateus Uribe a son ticket d'office, reste à chiper la place à Gustavo Cuéllar, devenue idole à Flamengo. Pas gagné mais qui sait ? Cantillo, embarqué par toute son équipe sur un trou d'air continental via un fiasco en Copa Libertadores, quelques mois après avoir enflammé l'Amsud lors de la Copa Sudamericana 2018 (finalistes), retrouve son niveau ces temps-ci. Le but, finir premiers de la poule de quatre composée aussi de Tolima, de Cali et de l'Atlético Nacional. C'est que Junior a un titre à défendre. Dans tous les cas, on souhaite au grand sec de ne pas jouer la finale du Tournoi d'ouverture, dont le retour se fera trois jours (trop forte, la Dimayor) avant le Colombie - Argentine de Salvador... Cela voudra dire qu'il est dans les 23. Pas hyper optimiste ou à tout le moins mesuré, Victor Cantillo a échangé quelques minutes, en exclu, avec Cafooteros. 

Victor Cantillo, ici lors de la défaite 1-0 del Tiburon au Nuevo Gasomestro de San Lorenzo, à Buenos Aires, mi-mars
Victor Cantillo, ici lors de la défaite 1-0 del Tiburon au Nuevo Gasomestro de San Lorenzo, à Buenos Aires, mi-mars

On pourrait penser qu'il y a une place pour deux entre Gustavo Cuéllar et toi, quelles sont selon toi tes chances d'être dans les 23 pour la Copa América ? 

Je suis content d'être dans la liste élargie. Après au niveau de mes chances ce qui est difficile c'est la qualité des joueurs qui évoluent à mon poste. Il y en a de très bons, de haut niveau. C'est compliqué, mais c'est à moi de continuer à être en forme avec mon club.

 

Tu avais été convoqué il y a un peu plus d'un an par José Pekerman, mais sans jouer ; comment avais-tu vécu ce contraste au niveau des sentiments ?

J'avais pris ça comme une bonne expérience, un apprentissage supplémentaire. Ça m'a beaucoup servi pour ma carrière. Maintenant j'espère avoir l'opportunité d'y retourner et, cette fois-ci, jouer. C'est ça qu'on veut, jouer. Toujours.

 

Carlos Queiroz a dit qu'il te suivait, il était d'ailleurs dans les tribunes pour Junior - San Lorenzo (1-0) en avril...

C'est bon pour moi comme pour tous les joueurs concernés. On a de très bons éléments à l'échelle locale, et c'est bien qu'il se tienne au courant de ce qui s'y passe, qu'il nous voie.

 

Tu n'as pas été retenu lors de sa première liste en mars et avais dit que les joueurs à l'étranger avaient plus de visibilité ; regrettes-tu que ton transfert à Cruzeiro ne se soit pas fait en janvier ?

Ce que j'ai dit exactement c'est que ceux qui étaient en Europe avaient à l'évidence plus de chances d'être pris. Parce qu'ils évoluent plus haut, c'est un autre football. Mais non, non, je ne regrette pas de ne pas être parti, je suis bien ici à Junior. Je suis tranquille par rapport à ça. Cet été ? Franchement je n'y pense pas, je veux bien finir le Tournoi d'ouverture avec Junior, et on verra bien pour le futur.

 

Un peu comme ton club, on te sent mieux qu'il y a quelques semaines...

On est sur une pente ascendante, et si individuellement on évolue à notre vraie valeur ça se ressent sur le collectif. On espère poursuivre comme ça sur ce qui reste de cette phase finale. On va aller à Ibagué ce dimanche (0 h 15 dans la nuit de dimanche à lundi, NDLR) avec l'ambition de prendre les trois points face à Tolima, prendre un avantage, et pouvoir rêver d'une autre finale.

 

Ta frappe de dimanche dernier contre Tolima (1-1), justement, dans le temps additionnel, l'as-tu vue au fond ?

(rires) La vérité c'est que je n'ai pas trop eu le temps d'y penser. J'ai mis une bonne frappe, oui... mais le gardien (Alvaro Montero) l'a sortie.

 

L'échec en Libertadores, malgré la grande campagne de renouvellements de contrat cet hiver (dont le sien, jusqu'en 2021), comment l'expliques-tu ?

C'est vrai que c'est quasiment la même équipe, mais ce sont des choses qui arrivent dans le foot, parfois tu donnes tout et les résultats ne te donnent rien. On est conscients qu'on a eu des manques mais on relève la tête. Avec le "profe" (Luis Fernando) Suarez, on a passé de très bons moments, simplement les résultats n'ont pas suivi. C'est un grand entraîneur, comme l'est autant le "profe" (Julio) Comesaña (qui a succédé à Suarez et coache Junior pour la... neuvième fois, NDLR).

 

Pour rester sur la Copa Libertadores et finir là-dessus, tu es le joueur qui a largement réussi le plus de passes du 1er tour (469, Maicon de Grêmio est 2e avec 409), est-ce une statistique qui compte à tes yeux ou est-ce que tu t'en fous ?

Disons que ça aurait plus de valeur si on avait fait un meilleur tournoi. Ce sont des stats... J'y aurais accordé de l'importance si on s'était qualifiés. Mais la passe et le jeu long, clairement, ça fait partie de ma panoplie.