Petite carte postale enjouée de Salvador

texte : Franck Pujos

photo : Priscilla Goularte

Un courrier depuis le Brésil, destination France, ça prend du temps... Avec nos huit jours de délai, on n'est pas si mal : Cafooteros était à Salvador pour l'entrée en lice victorieuse de la Colombie sur l'Argentine (2-0) dans la Copa América 2019 auriverde. On vous raconte en quelques lignes comment on a vécu ces quatre-vingt-dix minutes d'angoisse, puis de joie, puis d'angoisse, puis de joie, ainsi que nos quarante-huit heures dans le Nordeste.

Si l'Arena Fonte Nova n'était pas tout à fait pleine avec 35 000 spectateurs environ, l'ambiance était quand même complètement au rendez-vous, contrairement à bien des matches du premier tour de cette Copa América brésilienne
Si l'Arena Fonte Nova n'était pas tout à fait pleine avec 35 000 spectateurs environ, l'ambiance était quand même complètement au rendez-vous, contrairement à bien des matches du premier tour de cette Copa América brésilienne

Bom dia, bom dia !

 

En deux jours à Salvador, tu as le temps de faire plein de trucs. De manger, de boire, de voir. Manger des acarajé, de la moqueca de peixe, du pirão, de la farofa, de la tapioca de carne de sol, du queijo coalho, de la casquinhoa de siri, de la pamonha, du pão de queijo ; boire de l'agua de coco verde, de la caïpirinha de cachaça, de la bière, beaucoup de bière, de la Brahma, de l'Itaipava, de la Devassa, même de l'Amstel et de la "Bud" ; voir Rio Vermelho, Pelourinho, Comércio, Barra, Pituba, Armação, se voir proposer lors d'un hallucinant défilé sur la plage de Stella Maris des cerfs-volants, de la soupe de crevette, des livres sur Dieu, des noix de cajou, des piscines gonflables (si)...

 

C'est une ambiance à part, Salvador, via son héritage africain. Et si l'on n'a vu qu'une toute petite partie de la ville - vu que c'est quasi sept fois plus grand que Paris en superficie, pour situer -, on s'y attache de suite. Comme un aimant collé à ses couleurs, son bazar, son soleil. Une fois sorti de l'aéroport international Deputado-Luis-Eduardo-Magalhães, très vite tu comprends. Une fois arrivé à Fonte Nova, tu comprends que tu vas vivre un truc unique. Des maillots de Bahia, de Vitoria, pas mal d'Argentins, beauuuuuuuucoup de Colombiens (comment font-ils pour être partout, quel que soit l'endroit où joue la sélection sur le globe ?)... Pas de demande d'accréd' ou quoi, on va en tribunes, on profite purement en supporter, bien placé au sein de cette magnifique arena née du Mondial 2014.

 

Un acte initial à se dire que ça vendange trop et qu'on va le payer, quinze-vingt minutes à subir la réaction albiceleste, en sueur, puis l'orgasme sur la frappe tendue de Roger Martinez, à taper dans les mains des voisins, la libération définitive quand Duvan double la mise, avant un début de baston à dix mètres dans les gradins. "Messi chau, Messi chau, Messi chau, chau, chau", chantaient les hommes sapés de jaune aux abords du stade, en amont du match, sur l'air de "Bella ciao". Sur le coup ça nous paraissait un brin grande gueule, sauf que c'est passé, la gagne au bout. Ce n'est qu'une partie de poule mais la Colombie a regardé l'Argentine dans les yeux. On verra bien jusqu'où elle ira mais fuck les complexes, elle peut regarder tout le monde dans les yeux. Condition indispensable pour rafler un second titre dans son histoire, dix-huit ans après.

 

La soirée à Salvador s'annonce douce... Beijos.