Quand il le faudra, on parie qu'il sera là

texte : Franck Pujos

photo : EPA

Hier depuis Alicante, là où la sélection prépare le premier de ses deux matches de préparation d'octobre, face au Chili celui-ci, Carlos Queiroz a surpris son monde en assurant qu'il n'y avait eu "ni accord, ni compromis" avec le Real Madrid et/ou James concernant l'absence de celui-ci dans le groupe colombien. De quoi enflammer quelques médias locaux et poser quelques questions. On se permettra de se rassurer et on essaiera d'être rassurants.

Comme image forte de son début de saison, il y avait aussi eu la sortie de James sous la standing ovation de Bernabeu contre Valladolid ; celle-ci, celle du premier but depuis son retour dans son club et dans son stade, l'est encore plus
Comme image forte de son début de saison, il y avait aussi eu la sortie de James sous la standing ovation de Bernabeu contre Valladolid ; celle-ci, celle du premier but depuis son retour dans son club et dans son stade, l'est encore plus

Au moins, avec James Rodriguez, on ne s'ennuie jamais. "Carrière" ça rime peut-être avec "linéaire", mais alors pas chez le diez colombien, du tout du tout. Aimé par les fans de ses clubs peu importe où il passe, adoré par des papas tels que Pekerman, Ancelotti ou Heynckes, galérant avec des Ranieri (au départ), Kovac ou Zidane, le Cucuteño aurait pu rejoindre l'Atlético ou Naples cet été comme on l'espérait fort. On ne va pas vous refaire tout le cursus mais nein, après avoir demandé à Karl-Heinz Rummenigge et au Bayern de ne pas lever l'option d'achat à l'issue de deux ans de prêt qui l'ont à coup sûr fait mûrir, James a retrouvé son Real, son Santiago-Bernabeu, chéris à mort par le réel Madridista qu'il est. Un grand joueur dans le plus grand des clubs, ça a collé un temps, et comme sa motivation et son abnégation semblent maintenant sans égal, que son talent lui colle toujours au pied - gauche - et que les relations avec ZZ paraissent apaisées, pourquoi pas ? Si l'on positive, disons-nous qu'on bénéficiera de cette petite adrénaline en nous à chaque fois qu'une compo madrilène tombera. Car des certitudes sur la titularisation de notre meneur de jeu préféré, autant tirer une croix dessus pour cette saison. Suspense répété. El señor Rodriguez (qui fait la Une de "Marca" ce jour) voulait Madrid, et il est grand, a 28 ans, un âge-clé, à lui d'assumer. Une fois ceci dit, l'actu "jamessienne" ne prend pas ses quartiers que du côté de la capitale espagnole. À quatre heures de route de là via l'A-3 et l'A-31, Carlos Queiroz a lâché une petite bombe.

 

 

Indispensable 

Enfin, petite grenade quoi, un truc qui te scotche un peu quand tu l'écoutes en live. En gros, le sélectionneur portugais de la Colombie, qui avait déjà prononcé fin août quelques mots subtils sur la cheminement de carrière dudit James sans le nommer, a assuré à Alicante que non, contrairement à ce qu'avait sorti l'émission de télé espagnole "El Chiringuito", il n'y avait "ni accord, ni compromis", que ce soit avec le Real ou avec le joueur, pour que celui-ci soit exempté des confrontations avec le Chili ce samedi et l'Algérie mardi pro. Mais alors ça veut dire quoi ? Choix de l'entraîneur, c'est ça ? Les mêmes questions se posent concernant Falcao, non-convoqué lui non plus, mais les déflagrations sont moindres. Tout Radamel et probable ex-meilleur n°9 du monde qu'il est, la faramineuse recrue de Galatasaray n'a plus le même impact, est somme toute beaucoup plus dispensable. Dans le 4-3-3 posé par Queiroz, il est difficile d'imaginer Duvan Zapata, reparti sur les mêmes bases que l'an passé, autre chose que titulaire. Falcao doublure de Zapata pour le début des Éliminatoires et pour la future Copa América en juin, OK des deux mains. Mais n'oublions pas par exemple qu'un Alfredo Morelos a claqué 14 buts en 18 matches (!) en ce début d'exercice avec les Rangers. En tout état de cause, James Rodriguez hors Cafeteros pour une banale raison technique, c'est tout de même dur à croire... Voire incroyable.

 

Qu'il ne soit pas non plus présent pour les amicaux de novembre, cela, oui, reste à la rigueur crédible. Quoiqu'on espère bien y voir son nom, histoire de mettre tout ça derrière et parce qu'il s'agira de la dernière double date Fifa avant de penser Qatar... Bon, mais en mars prochain justement, quand il s'agira de compter les points, nul doute que le prix Puskas 2014 sera de la partie, brassard au bras ou pas. Et si certains éditorialistes et journalistes se sont emballés en terre colombienne ce mercredi, déjà outrés en amont de lire des convocations sans meneur de jeu, o professor Queiroz a ajouté dans la même conf' qu'avec les Copa América qui se suivent, les Colombiens n'avaient "pas eu de vacances" et qu'il prenait cela en compte à l'instant de prendre ses "décisions", le but étant d'avoir ses "meilleurs joueurs prêts" quand il le faudra. Respirez. Personne n'est au-dessus du collectif, et l'honorable Portugais en a fait un cheval de bataille tout au long de sa longue et prestigieuse trajectoire, quitte à secouer un peu 49 millions d'habitants. Mais James Rodriguez est indispensable à la Colombie. Carlos Queiroz le sait. On est sûr qu'il le sait. Presque sûr qu'il le sait.