Les trois de Boca ont pris leur revanche

texte : Franck Pujos

photo : EPA

Un temps au frigo mais complètement relancés depuis l'arrivée de Miguel Russo, Frank Fabra, Sebastian Villa et Jorman Campuzano ont vécu en tant que titulaires le 34e sacre de Boca Juniors en Argentine, à l'issue d'un samedi soir à suspense où le River de Marcelo Gallardo, trois Colombiens dans ses rangs lui aussi, n'avait plus que ses yeux pour pleurer.

Sous les yeux de son coéquipier et compatriote Sebastian Villa, Frank Fabra prend le dessus sur Maximiliano Caire, samedi à la Bombonera, lors du succès sur le Gimnasia de Maradona (1-0) offrant le titre aux Xeneizes
Sous les yeux de son coéquipier et compatriote Sebastian Villa, Frank Fabra prend le dessus sur Maximiliano Caire, samedi à la Bombonera, lors du succès sur le Gimnasia de Maradona (1-0) offrant le titre aux Xeneizes

Il fallait les voir, ensemble, heureux : l'étreinte entre Jorman Campuzano et Sebastian Villa, puis le second nommé qui crie "Frank, Frank !", pour que Fabra le troisième larron les rejoigne, s'unisse au câlin. Une des images fortes (même en streaming...) d'une soirée forte. Samedi, en Argentine, trois Colombiens allaient être heureux, trois malheureux. Restait à savoir qui serait quoi. D'un côté, les trois susnommés de Boca Juniors, de l'autre, Santos Borré, Quintero et Carrascal, de River. Ceux-ci, les Millonarios, étaient en position de force, certes effritée par leur contre-perfomance chez eux la journée d'avant contre Gimnasia La Plata (1-1), après six succès de suite.

 

Les données étaient simples : avec un point d'avance sur son meilleur ennemi, River Plate avait donc son destin en main au moment de se rendre chez l'Atlético Tucuman pour cette 23e et dernière journée de championnat. Boca, lui, devait battre à la Bombonera le Gimnasia La Plata de Diego Maradona... et prier. Victoire 1-0, but de "L'Apache" Tévez qui embrassera Diego un peu plus tard, match nul (1-1) à 1 200 bornes de là, et Marcelo Gallardo, qui avait opté pour sa défense à trois et pour un "Juanfer" Quintero - entré à l'heure de jeu - encore sur le banc, d'avoir le masque en allant ramasser sa bouteille d'eau par terre. LE titre qu'il lui manquait, c'est encore loupé.

 

 

Fenêtres ouvertes en Seleccion ?

Voilà donc Boca qui gratte un 34e sacre pas inespéré mais pas loin. Le premier en tant que vice-président de Roman Riquelme, arrivé à la trêve après les élections, l'homme qui a offert le poste d'entraîneur à Miguel Russo. Un renouveau complet, un changement radical, aussi, pour Campuzano, Fabra et Villa, placardisés sous Gustavo Alfaro. Titulaire indiscutable sous Russo, le trio a grandement contribué à l'impeccable série finale boquense de... 6 victoires (16 buts pour, 1 contre).

 

Jorman Campuzano, n°6 si à l'aise avec le ballon, placé seul devant la défense, a impulsé la métamorphose des Xeneizes ; Frank Fabra, mis sous l'éteignoir il y a quelques semaines encore par la concurrence d'Emanuel Mas, a enfin retrouvé son niveau pré-rupture des ligaments croisés de juin 2018 ; Sebastian Villa, posté sur l'aile gauche plus haut que son compatriote latéral, n'a plus les oreilles qui sifflent, lui dont les rumeurs de MLS, pourtant bien proches dans le temps, paraissent bien loin.

 

Arrivent maintenant pour ces trois-là et tout Boca la Copa de la Superliga et aussi et surtout à la Libertadores, absente du palmarès du club depuis 2007. Réception de Medellin dès demain. Côté Seleccion, si la concurrence est lourde pour Campuzano entre Wilmar Barrios (ex de la maison Boca) et Jefferson Lerma, la fenêtre semble grand ouverte pour "Usain Bolt" Villa, d'autant plus avec les blessures de Luis Sinisterra et Luis Diaz, mais aussi pour Fabra, histoire de titiller Tesillo derrière. C'est leur revanche, leur vengeance. Leur triple renaissance.